Anne FEUGNET

Poisson d’avril oblige, j’ai fait courir ma mère à la maternité de Rochefort sur Mer le 1er avril de l’année 1964, pour y naître seulement le lendemain. Je suis arrivée à La Rochelle à l’âge de 4 ans et je n’ai jamais pu quitter ma ville bien longtemps tant je m’y sens bien. Très tôt, j’ai baigné dans le monde de la littérature et de la musique grâce à mon père qui rêvait de devenir écrivain, m’a appris le piano et donné le goût de l’écriture. Dès que j’ai su mettre un mot devant l’autre, même avec des fautes partout, j’ai inventé des histoires et écrit des poèmes. J’ai vécu près d’un cimetière jusqu’à l’âge de 10 ans et mon grand plaisir était d’y donner rendez-vous aux autres enfants du quartier, les soirs d’été, pour leur raconter des histoires horribles de revenants. J’y croyais tellement moi-même que ma mère devait vérifier chaque soir si un monstre ne se cachait pas derrière les rideaux de ma chambre. Et des cauchemars qui en suivaient, j’inventais d’autres histoires encore plus terrifiantes !
Bien plus tard, confrontée au monde réel, il m’a fallu travailler. Le destin m’a alors amené au ministère de la défense, que j’appelle parfois par dérision le finistère de la démence, où j’exerce encore aujourd’hui les fonctions peu réjouissantes de rédactrice dans un bureau contentieux. Mais les mots utilisés dans mes « mémoires » sont bien trop sinistres et encrés dans la réalité pour me satisfaire, alors dès que j’en ai terminé de mes journées d’esclave moderne, je m’évade dans les méandres de mon imagination fertile.


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